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Interface n° e-117 Décembre 2009 Christian de Duve, Génétique du péché originel. Le poids du passé sur l'avenir de la vie, Paris, Odile Jacob, 2009, 240 pages, Le Prix Nobel de médecine voudrait faire passer quelques convictions pessimistes sur l'avenir e la race humaine. Pour cela il trace une fresque brillante de la vie depuis sa naissance dans des 'eaux volcaniques' à partir de 'pyrophosphate inorganique et d'hydrogène sulfuré' jusqu'à sa complexification extrême dans la race humaine. Pour l'A. l'évolution par complexifications successives est une évidence que l'on peut prouver par plusieurs canaux scientifique depuis la géologie et la paléontologie jusqu'au décryptage des gênes. C'est la 'sélection naturelle' par l'environnement et les conditions de survie en son sein qui détermine cette évolution. Et l'A. ne voit pas pourquoi cette évolution s'arrêterait à l'état que nous connaissons aujourd'hui, sinon, pour l'humanité, par l'étouffement causé par une prolifération non-contrôlée qui la détruirait en détruisant son environnement et les équilibres vitaux de la planète. Mais le phénomène vraiment nouveau dans toute cette très longue histoire, c'est la conscience rendue possible par l'augmentation de la capacité du cerveau humain: “Pour la première fois, après plus de 3,5 milliards d'années, l'évolution a dépassé un seuil dans sa dépendance à l'égard de la sélection naturelle. elle a produit des êtres dotés de moyens intellectuels permettant de comprendre la nature ... Nous sommes, dans une certaine mesure, (devenus) les maîtres de notre propre sort”(p. 178). Cette maîtrise qui pourrait sauver l'humanité est contrecarrée, aujourd'hui, par tous les écologistes ignorants qui pensent que les modifications génétiques dont l'humain maîtrise les techniques, seraient nuisibles parce que 'contre nature'! Mais il n'y a pas que la modification des gênes qui peut sauver l'humanité. La modification du cerveau (manipulation 'mentales' ou 'épigénétiques') pourrait aider l'humanité à diriger par la raison son évolution et, notamment, à contrôler l'expansion démographique qui risque de l'étouffer. Car, pour le Prix Nobel, le message urgent est: “nous sommes trop nombreux sur cette Terre, et aucune solution ne pourra jamais réussir si nous n'arrivons pas à réduire l'expansion démographique”(p. 15). Mais quand il en appelle aux Religions comme meilleur vecteur et moteur de prises de décisions en faveur de cette maîtrise démographique, il nous semble quelque peu irréaliste ou trop optimiste ... curieux dans un discours aussi pessimiste! Fr. R.-Ferdinand Poswick, osb |
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