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Interface n° e-117 Décembre 2009 La spiritualité bénédictine: une écologie pour la vie quotidienne? De plus en plus de laïcs, disons de 'chrétiens normaux!', s'intéressent activement à la spiritualité bénédictine. À preuve, après la proposition de Paul Dewickere, Frieda Franck, Pierre Gabriel, Sur les pas de Saint Benoît[1] en lien avec le monastère bénédictin de Wavreumont, l'essai récent de Wil Derkse[2] La spiritualité bénédictine: une écologie pour la vie quotidienne? De plus en plus de laïcs, disons de 'chrétiens normaux!', s'intéressent activement à la spiritualité bénédictine. À preuve, après la proposition de Paul Dewickere, Frieda Franck, Pierre Gabriel, Sur les pas de Saint Benoît[1] en lien avec le monastère bénédictin de Wavreumont, l'essai récent de Wil Derkse[2]. Est-ce l'heure d'une nouvelle vague de 'spiritualité bénédictine' après celles qui ont vu surfer sur les spiritualités franciscaines, jésuites, sacerdotales, charismatiques et autres? Ce n'est pas impossible. Il y a eu peut-être saturation de formes trop élaborées de recherche d'un équilibre spirituel de vie modelé sur différents courants de pensée très systématiques, et intellectuellement très exigeants ou, au contraire, d'effervescence au caractère nécessairement éphémère! Le regain d'intérêt pour les Oblatures bénédictines relève probablement du même mouvement de flux et de reflux. Nouvelle vague ou lame de fond? Que sont les Oblatures bénédictines? Autour de presque chaque monastère se groupent des laïcs qui s'attachent à telle communauté particulière en un lieu géographiquement (et historiquement) bien défini. Une organisation souple où l'on s'engage habituellement par une promesse qui porte sur une prière quotidienne, un intérêt pour des lectures spirituelles, une retraite annuelle au monastère, des réunions d'Oblats du monastère, une lecture et une tentative d'application dans la vie quotidienne de l'esprit de la Règle de S. Benoît. « Puis on éteint toutes les lumières à l'exception d'un petit spot dirigé vers une statue de la Vierge, élevée très haut dans une niche, et on chante une hymne à la vierge en grégorien. Cet instant particulier me toucha d'emblée. Quelle étrange situation: quatorze homme, adultes aucun, à première vue, n'étant gravement dérangé mentalement qui chantent dans l'obscurité un très vieux chant, les yeux rivés sur une statue inerte. Et ils font cela tous les soirs, d'année en année. Que se passe-t-il ici? J'étais ému, perdant de vue pendant quelques instants que je n'étais venu ici que pour étudier ». Ce qu'il trouve c'est une pédagogie de participation ('une spiritualité qui montre des exemples que l'on peut suivre'), une relation particulière au temps ('l'obéissance à la cloche… peut s'avérer très libératrice! elle permet de s'exercer à l'art de commencer et l'art de s'arrêter'), l'attention égale aux choses qui semblent grandes ou petites ('le fait que des tâches et des activités peuvent, certes, être d'importance variable, mais que l'une ne mérite pas plus d'attention (n'est pas plus 'sainte') que l'autre. C'est là une attitude très difficile à acquérir'). Wil Derkse, s'intéresse ensuite à l'exercice de l'autorité tel qu'il est proposé par la Règle (et la pratique) bénédictine. 'Il est très tentant de ne pas aller en profondeur et de se précipiter sur l'aspect extérieur, organisationnel des choses pour éviter de devoir vraiment écouter, vraiment entrer en dialogue et réagir en vérité. On succombe facilement à cette tentation parce que l'aspect extérieur et organisationnel est plus facile à aborder et à traiter que l'aspect intérieur et spirituel y compris la vie spirituelle du chef lui-même'. Tout est à nouveau dans l'écoute attentive: 'parce que l'intériorité de chaque moine est différente, l'abbé devra 'ausculter' chacun avec soin, pour en arriver à des réponses très 'inégales'. Dans le domaines des capuchons, l'inégalité ne convient pas. Mais dans le domaine des âmes, seule convient une réponse 'inégale'. La fraternité n'implique pas l'égalitarisme. La différence, quand elle est bonne, n'est pas seulement respectée, mais devrait même être cultivée par un abbé plein de sagesse'. L'Abbé bénédictin et le cellérier (économe) du monastère sont deux modèles de management donnés par la Règle de Saint Benoît dont les attitudes, inspirées par les principes d'attention et d'accueil déjà décrits, peuvent directement être transposées dans des modes de management très modernes, et même en avance sur beaucoup de schémas de gestion soi-disant rationnels et efficaces. Dans son dernier chapitre, il revient longuement sur la gestion du temps telle qu'elle se dégage d'une vie inspirée par le rythme bénédictin: 'Avoir un agenda bien rempli sans jamais être pressé'! Mais toutes les pages fourmillent d'exemples pris dans la vie quotidienne tant à la maison que dans la société ou dans l'entreprise (comment, grâce au rythme bénédictin, ne pas être stressé par les agressions multiples des moyens actuels de communication? - voyez ce qu'il en dit aux pages 120-121!). Un excellent petit livre que les moines et moniales bénédictins, cisterciens et trappistes devraient être les premiers à méditer pour voir s'ils se reconnaissent dans ce miroir! fr. R.-Ferdinand Poswick, osb [1] Fidélité/Racine, 2004, 168 pages, ISBN 978-2-87386-384-5 [2] Traduction de l'original Een levensregel voor beginners, qui s'est vendu à plus de 40.000 exemplaires!, par la Sœur Marie-Raphaël de Hemptinne, o.s.b. (Hurtebise), Uitgeverij Lannoo, 2000 |
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